Entretien avec Clarisse Gardet, autrice de « Grandir avec ses émotions  » aux éditions Le livre de poche

Bonjour Clarisse !

Tout d’abord, merci d’avoir répondu à ma sollicitation, et de participer à ce jeu de questions-réponses. Je suis très heureuse que cet échange puisse avoir lieu !
Suite à la publication de ma chronique sur votre dernier livre « Grandir avec ses émotions » (Cliquez ici pour accéder à ma chronique), plusieurs jeunes femmes m’ont contacté pour me demander des informations sur cet ouvrage. Je ne voyais que vous pour répondre aux mieux à ces interrogations !  Voici les questions que des mamans instragrameuses ont voulu vous poser, sur le thème de la méditation pour les enfants :

À partir de quand pratiquer la méditation avec un enfant ?
Clarisse Gardet : L’envie de l’enfant reste le meilleur indicateur. Il est indispensable de ne pas le forcer à méditer ! Généralement l’enfant a envie d’imiter ses parents, ses aînés ou les adultes s’il les voit pratiquer la méditation. Vous pouvez l’inviter à se joindre à vous, ou lui proposer des séances très courtes, sans l’obliger à une immobilité absolue. Cela doit toujours rester un moment agréable !

L’adulte doit-il est présent lors des séances ?
C.G: C’est formidable de méditer ensemble ! C’est pour cela que j’ai prévu un CD qui accompagne chacun de mes livres. Les méditations enregistrées vous permettent de partager ce moment avec votre enfant sans avoir à guider la méditation.

Y a-t-il un moment propice à la méditation ? Au levé, au couché ? Ou plutôt au moment de la « crise » ?
C.G: Surtout pas au moment de la crise ! La méditation n’est pas faite pour calmer les enfants, mais pour leur permettre d’apprendre à se familiariser avec leurs réactions et leurs sensations. Pratiquée régulièrement, elle permet à chacun de découvrir, petit à petit, le chemin pour s’apaiser dans les moments difficiles.

Quoi faire, mettre en place pour les petites colères qui apparaissent plus tôt que 5 ans, aux alentours de 14 mois ?
C.G: À tout âge une émotion est inconfortable et pénible. Encore plus pour le petit enfant qui n’a pas la maturité physique ni cérébrale pour comprendre et réguler ses émotions. C’est un apprentissage qui se fait au fil du temps. Comme je l’explique dans Grandir avec ses émotions, lorsqu’il est en colère, votre enfant a besoin AVANT TOUT de présence et de réconfort. Consolez-le, dites-lui que vous savez qu’il souffre d’être dans cet état. C’est par la bienveillance et la patience que vous l’accompagnerez dans son apprentissage vers un équilibre émotionnel.

La méditation pour les enfants doit-elle être une pratique régulière comme pour les adultes ou peut-on la proposer très ponctuellement ?
C.G: Il est préférable d’installer une régularité. Néanmoins, tout dépend du contexte. Dans le cadre scolaire, c’est souvent plus simple qu’à la maison. Dans tous les cas, il ne faut jamais forcer les enfants à méditer, j’insiste beaucoup sur ce point. À vous de trouver le moyen de leur donner envie. C’est souvent en voyant les adultes pratiquer que les enfants ont envie de participer.

Combien de temps dure une séance de méditation pour jeune enfant (autour de 6 ans)?
C.G: Il est souvent difficile pour un jeune enfant, surtout les premières fois, de rester immobile sans parler. Proposez-lui, comme un jeu, de faire trois minutes de silence en regardant un sablier qui s’écoule.

Ma deuxième fille de 4 ans est propre pendant la sieste et la nuit et à l’école, mais pas pour le caca… » la méditation peut-elle l’aider ?
C.G: La méditation n’est pas une baguette magique ! C’est votre amour et votre patience qui l’aideront le plus à passer cette étape importante de l’apprentissage. La méditation peut vous aider, vous, à apaiser votre inquiétude pour ne pas la transmettre à votre enfant. Mais si vous êtes trop inquiète ou que cette situation se prolonge, le mieux est de consulter votre médecin qui vous donnera les conseils adaptés.

Quelle est la différence entre une séance de méditation et une séance de relaxation ?
C.G: Les deux pratiques sont complémentaires.
La méditation, bien qu’elle puisse nous apporter de l’apaisement et du soulagement, n’a pas pour objet de se détendre ou de se relaxer. Elle consiste à observer tout ce qui nous arrive, sans chercher à changer notre état, sans se juger ni s’en vouloir. Par exemple, lorsqu’on est triste sans raison, le fait d’en prendre conscience et de voir comment cette émotion nous traverse est beaucoup plus apaisant que d’essayer de se forcer à être joyeux. Ou encore lorsqu’on a peur, le reconnaître permet d’en parler, ce qui évite l’escalade émotionnelle et rend plus lucide pour mieux trouver le courage d’affronter l’événement.

La relaxation quant à elle est très utile pour apaiser des tensions ponctuelles. Par exemple pour réussir à s’endormir après une journée agitée ou à la veille d’un événement comme un anniversaire dont la perspective surexcite les enfants.

J’ai consacré un CD de séances enregistrées de ces deux types de pratiques dans J’apprends à être zen.

La pratique de la méditation peut-elle aider un enfant très timide, qui a du mal à tisser des liens avec les autres enfants de son âge ?
C.G: L’approche méditative consiste à de ne pas chercher à refouler ou l’étouffer la timidité, mais à se familiariser avec elle. L’enfant peut alors se rendre compte de toutes les manifestations de cette émotion. Il est important de l’aider à les décrire, en mots ou en dessin : ressentis physiques — rougeur, mal au ventre, accélération des battements du cœur —, sentiments qui se déclenchent — panique, honte, tristesse, peur — et tous les autres phénomènes associés.

Petit à petit, il pourra ainsi apprivoiser son expérience et trouver des ressources pour entrer en contact avec les autres enfants.

 

Joanne : Un grand merci Clarisse d’avoir répondu à nos questions ! J’espère que ces éléments de réponses vous auront donné envie de pratiquer la méditation avec vos enfants 🙂

 

Biographie : Clarisse Gardet est sophrologue, diplômée de l’École des hautes études de sophrologie pratique la méditation laïque et l’enseigne à L’école occidentale de méditation et fait de nombreux ateliers pour les enfants. (source Lelivredepoche.com). Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sonores (c’est à dire accompagné d’un CD) dont Grandir avec ses émotions, Méditer avec les enfants, Méditation, respiration, relaxation : se ressourcer pour tout concilier…