Marina / Carlos Ruiz Zafon – Pocket Jeunesse

Alors que L‘ombre du vent a été sacré Coup de cœur 2017 par moi même, vous avez été nombreux à me conseiller Marina pour continuer de découvrir cet auteur Espagnol mondialement connu qu’est Carlos Ruiz Zafon (mais que je ne connaissais pas du tout il y a encore quelques mois ! J’ai pourtant fait espagnol deuxième langue, je comprends pas… lol).

Ni une ni deux, je me procure l’exemplaire de Marina (publié chez PKJ, décidément, les maisons d’éditions ne peuvent-elles pas se mettre d’accord pour publier l’ensemble de l’œuvre de l’auteur chez une seule d’entres elles ? Ça fait dépareillé dans ma bibliothèque nom de nom ! hashtag modemaniaquedulivre enclenché / Zafon est publié en poche chez PKJ, le livre de poche et pocket )

Ça parle de quoi ? Dans la Barcelone des années 1980, Óscar, quinze ans, a l’habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Il est attiré par les vieilles résidences à l’abandon dans le quartier, vestiges d’un passé fastueux. Au cours de l’une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina, qui vit avec son père dans l’une de ces demeures pleines de souvenirs. Fascinée par l’énigme d’une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans le vieux cimetière de Sarrià. Qui est la femme voilée venant se recueillir devant cette pierre tombale sur laquelle est gravé un mystérieux papillon noir, sans aucune autre inscription? Óscar et Marina vont réveiller les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies…

Si vous aimez cet auteur, vous ne serez pas déçu par Marina. On reconnait dès les premières pages le style de Zafon, et l’on replonge dans une Barcelone d’après guerre, sombre et fantasmagorique. Les similitudes avec l’ombre du vent sont nombreuses : narration à la première personne, le personnage principal est un jeune homme de 15 ans, il découvre la ville et tombe éperdument amoureux d’une jeune fille secrète et mélancolique. Il va tenter de lever le voile sur le mystère qui recouvre un intriguant personnage, retombé dans l’oubli depuis plusieurs décennies. Au fil de son enquête et des différentes rencontres qu’il fera, l’énigme se dénoue petit à petit, dévoilant une fin surprenante et émouvante.
J’ai retrouvé dans ce roman la même atmosphère que dans l’ombre du vent, mais également les mêmes « mécanismes » de construction du récit. Même si je préfère L’ombre du vent, j’ai trouvé le dénouement de Marina plus inattendu. Il n’en demeure pas moins un très bon livre, qu’il est difficile de fermer en cours de lecture tellement les rebondissements sont nombreux, nous laissant sans cesse haletant et désireux de connaitre la suite.

J’ai toutefois été surprise du côté fantastique et surnaturel, auquel je ne m’attendais pas du tout ! Il faut dire que ce roman, publié en 1999 en Espagne, est destiné à la jeunesse (mais également aux plus grands, comme l’explique judicieusement l’auteur dans une « note de l’auteur » en fin de livre). L’histoire du savant fou donne un semblant de légèreté qui permet aux jeunes lecteurs de prendre du recul sur cette histoire.
J’ai été donc ravie de retrouver Carlos Ruiz Zafon avec ce roman, et j’ai hâte de poursuivre ma découverte avec, pourquoi pas, le jeu de l’ange.

PS: il y a une toute nouvelle édition de l’ombre du vent, version collector, chez Pocket (perso, je préfère l’ancienne couverture du Livre de poche, plus représentative du roman).  Et vous ?

Marina
310 pages / ISBN-13: 978-2221116524

Fahrenheint 451 / Ray BRADBURY – Folio SF

Cela faisait longtemps que je souhaitais découvrir ce roman, dystopie marquante de la littérature moderne, et dont le récit fait étrangement écho à notre société actuelle.
Publié pour la première fois aux États Unis en 1953, il parait ensuite en France en 1955 aux éditions Denoël et obtiendra d’ailleurs le prix Hugo du meilleur roman en 1954.

Résumé: 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Le pompier Montag se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Ce roman est composé de 3 parties : dans la première, nous découvrons le personnage principal Montag, pompier de profession. Il mène une vie paisible, où rien ne vient tourmenter son quotidien. Son existence va cependant être bouleversée par une rencontre, celle de Clarisse, sa jeune voisine. Intrépide et rêveuse, Clarisse pose une simple question à Montag : est-il heureux ? Il n’aura jamais la possibilité de lui répondre, car la jeune fille disparait mystérieusement. Le pompier commence alors à se poser des questions existentielles, chose quasi inconcevable dans cette société aseptisée où tout est servi sur un plateau, où tous les besoins sont assouvis sans que l’Humain n’ai à réfléchir. Mais pourquoi brûle t-on les livres ? Que contiennent-ils de si dangereux ?

« Il n’y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture.
Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire. »

[ATTENTION ; SPOILER !!!] La deuxième partie commence lorsque Montag passe du côté « terroriste », à savoir qu’il commence à lire des livres (volés). Débute alors une série de questionnement et de prise de conscience. Il commence à penser par lui même, ce qui est une infraction grave. Il passe de l’état de pompier bruleur de livres, à un rebelle courageux. Le rythme du récit.
Dans la troisième partie, Montag est démasqué et trahi. Se déclenche alors une course poursuite pour sa survie, va t-il parvenir à déjouer les tours du féroce Limier (infaillible chien mécanique à huit pattes, dont les pompiers ont recours afin de débusquer les fauteurs de troubles) ? Et si oui, qu’adviendra t-il de ses livres ? Est-il vraiment seul dans ce combat pour la sauvegarde de la Culture ?

C’est un roman qui se lit rapidement (235 pages) et qui est bien rythmé. J’ai été totalement embarquée par l’atmosphère pesante et capitonnée. J’ai adoré ressentir l’éveil de l’intérêt intellectuel chez Montag, et été happée par la course poursuite à sa survie. Je regrette toutefois un dénouement un peu trop rapide à mon gout…
C’est un très beau texte, poétique, délicat et à la fois fort de sens. Bien qu’écrit dans les années 1950, la pensée de ce roman n’en ai pas moins obsolète et l’on ne peut que saluer le pouvoir visionnaire de l’auteur. Un pilier de la littérature SF qui mérite d’être lu.