Songe à la douceur | Clémentine Beauvais

Hello les mordus de lecture ! Me voici de retour sur le blog avec une chronique sur un roman que vous connaissez peut être déjà : Songe à la douceur de Clémentine Beauvais. C’est le premier livre que je découvre de cette jeune autrice très prolifique, puisqu’à seulement 28 ans elle a déjà écrit pas moins de 15 romans 😱😱 incroyable non !

Résumé éditeur 

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?


Mon avis

En voila un roman original ! Tout d’abord de part son écriture, entièrement en vers. Je n’étais pas du tout préparée à cela, et j’avoue avoir été un peu décontenancée à la lecture des première pages. Puis très rapidement (pour ma part au bout d’une dizaine de pages lues) on se rend compte que les mots s’enchainent de manière très fluide, même si le langage utilisé est parfois soutenu. Si vous hésitez à lire ce roman à cause de sa structure, n’ayez pas peur, on oublie vite la structure du texte tellement le récit est palpitant. Non pas que l’histoire en elle même soit des plus singulière (un homme, une femme se perdent de vue suite à un drame et se retrouve dix ans plus tard, au détour d’une station de métro : quoi de plus banal ?), mais la façon dont l’autrice la raconte m’a complètement emporté.

Justement, le style de narration est vraiment très intéressant. C’est l’auteure qui raconte l’histoire, et elle a une place très importante, prenant parfois la parole, s’adressant au lecteur, ou dialoguant même directement avec les personnages.

Tatiana, figurez-vous,
avait repensé à lui la veille au soir,
ce qui aurait pu être une étonnante coïncidence,
sauf qu’elle pensait à lui souvent
-et je suis sûre que parmi vous,
il y en a qui pensent,
parfois, à des amours gâchées
il y a deux ans, trois ou dix ans.
ce n’est pas pire après dix ans,
ça n’augmente pas nécessairement avec le temps,
ce n’est pas un investissement, le regret.
Il n’y a pas toujours de quoi en faire toute une histoire.
Mais pour ces deux-là, vous m’excuserez de
faire une exception.
Regardez comme ils chancellent de se revoir.
Regardez un peu leurs regards…

C’est une douce poésie que je découvre ici, le langage parfois soutenu, tandis qu’à d’autres moments très cru (et puant de vérité). Les mots sur les pages donnent le rythme de lecture, un rythme rapide, haletant, qui nous donne envie de tourner la page suivante avec fureur ! Je me suis même surprise à râler contre le narrateur lorsque celui-ci termine un chapitre en nous laissant sur notre fin (et en + ça l’amuse !). La mise en page souffle les pauses marquées par les personnages, on entend presque leurs respirations, l’inspiration frémissante entre chaque phrase. C’est beau ! Et étonnant pour son côté visuel.

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Petite information, que j’aurai pu glisser avant, cette histoire est inspirée par le roman en vers de Pouchkine « Eugène Onéguine ». On retrouve les mêmes personnages, à savoir le dandy Eugène et sa bien aimé Tatiana, Lensky amoureux de la sœur de Tatiana, Olga. Je n’ai eu cette information qu’après avoir lu ce roman, dommage car j’aurai bien aimé découvrir d’abord l’œuvre historique.

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Duel d’Onéguine et de Lensky par Ilia Répine, aquarelle, musée Russe, Saint-Pétersbourg (1899)

Une histoire d’amour romantique, mise au gout du jour par Clémentine Beauvais. Les dialogues sont plus vrais que nature, je me suis retrouvée à 15 ans lors de mon premier flirt (bon ok d’accord, c’était plutôt 13 ans ça vaaaa, c’était la campagne), les papillons dans le ventre, complètement chamboulée lorsque je LE voyais passer le portail de la maison. Une tension et sexuelle est palpable tout au long du roman, sans que cela ne devienne gênant (je ne suis pas adepte du genre 50 nuances de Grey 🙂 ).

Un roman très original donc, que je vous conseille ! Je l’ai lu en quelques heures, ne soyez pas impressionné par la structure en vers : le côté très contemporain des dialogues contrebalance ce style qui peut sembler désuet pour la plupart d’entre nous. Une très belle découverte !

Tout est exactement à sa place, dans cet espace compact et clair,
rien n’est de trop, et l’on ne pourrait rien retrancher ;
on papote, on se sent
deux petits pois dans leur cosse,
deux pépins dans un quartier d’orange,
hôtes jumeaux d’un monde parfaitement ajusté.

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