Fahrenheint 451 / Ray BRADBURY – Folio SF

Cela faisait longtemps que je souhaitais découvrir ce roman, dystopie marquante de la littérature moderne, et dont le récit fait étrangement écho à notre société actuelle.
Publié pour la première fois aux États Unis en 1953, il parait ensuite en France en 1955 aux éditions Denoël et obtiendra d’ailleurs le prix Hugo du meilleur roman en 1954.

Résumé: 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Le pompier Montag se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Ce roman est composé de 3 parties : dans la première, nous découvrons le personnage principal Montag, pompier de profession. Il mène une vie paisible, où rien ne vient tourmenter son quotidien. Son existence va cependant être bouleversée par une rencontre, celle de Clarisse, sa jeune voisine. Intrépide et rêveuse, Clarisse pose une simple question à Montag : est-il heureux ? Il n’aura jamais la possibilité de lui répondre, car la jeune fille disparait mystérieusement. Le pompier commence alors à se poser des questions existentielles, chose quasi inconcevable dans cette société aseptisée où tout est servi sur un plateau, où tous les besoins sont assouvis sans que l’Humain n’ai à réfléchir. Mais pourquoi brûle t-on les livres ? Que contiennent-ils de si dangereux ?

« Il n’y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture.
Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire. »

[ATTENTION ; SPOILER !!!] La deuxième partie commence lorsque Montag passe du côté « terroriste », à savoir qu’il commence à lire des livres (volés). Débute alors une série de questionnement et de prise de conscience. Il commence à penser par lui même, ce qui est une infraction grave. Il passe de l’état de pompier bruleur de livres, à un rebelle courageux. Le rythme du récit.
Dans la troisième partie, Montag est démasqué et trahi. Se déclenche alors une course poursuite pour sa survie, va t-il parvenir à déjouer les tours du féroce Limier (infaillible chien mécanique à huit pattes, dont les pompiers ont recours afin de débusquer les fauteurs de troubles) ? Et si oui, qu’adviendra t-il de ses livres ? Est-il vraiment seul dans ce combat pour la sauvegarde de la Culture ?

C’est un roman qui se lit rapidement (235 pages) et qui est bien rythmé. J’ai été totalement embarquée par l’atmosphère pesante et capitonnée. J’ai adoré ressentir l’éveil de l’intérêt intellectuel chez Montag, et été happée par la course poursuite à sa survie. Je regrette toutefois un dénouement un peu trop rapide à mon gout…
C’est un très beau texte, poétique, délicat et à la fois fort de sens. Bien qu’écrit dans les années 1950, la pensée de ce roman n’en ai pas moins obsolète et l’on ne peut que saluer le pouvoir visionnaire de l’auteur. Un pilier de la littérature SF qui mérite d’être lu.

1 thought on “Fahrenheint 451 / Ray BRADBURY – Folio SF

Comments are closed.